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RDC : la C64 appelle à marcher contre un troisième mandat de Tshisekedi, Kabuya durcit le ton et défend le pouvoir

L’opposition, réunie au sein de la Coalition Article 64 (C64), maintient la pression sur le pouvoir de Félix Tshisekedi. La plateforme appelle à une nouvelle mobilisation populaire le mardi 15 septembre 2026, avec pour objectif de se rendre jusqu’au Palais du Peuple pour s’opposer à tout changement de Constitution et à un éventuel troisième mandat du chef de l’État.

« Le mardi 15 septembre : le peuple se lève ! La C64 appelle à une grande marche jusqu’au Palais du Peuple pour dire NON au troisième mandat de Félix Tshisekedi. Pas de changement de Constitution, pas de balkanisation de la RDC. 2028, Alinga Alinga te, Akokende », a écrit Martin Fayulu sur son compte X ce vendredi 4 septembre.

Cette nouvelle mobilisation s’inscrit dans le prolongement des actions annoncées par la C64 depuis plusieurs semaines. La coalition, qui réunit notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo, Delly Sesanga et d’autres figures de l’opposition, rejette les initiatives du pouvoir autour de la réforme constitutionnelle et accuse le camp présidentiel de chercher à ouvrir la voie à un maintien de Félix Tshisekedi au-delà de 2028.

La C64 conteste également le processus de consultations populaires lancé par le chef de l’État dans le cadre du dialogue national. Pour ses dirigeants, cette démarche ne répond pas à leur exigence d’un dialogue véritablement inclusif et ne permet pas de régler les causes profondes de la crise politique et sécuritaire que traverse le pays.

Face à cette offensive de l’opposition, le camp présidentiel ne reste pas silencieux. Augustin Kabuya, secrétaire général et président a.i. de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), défend la ligne du pouvoir et lie le combat politique autour du mandat présidentiel à la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Lors d’une matinée politique organisée le 2 septembre à Kinshasa, Kabuya a estimé que Félix Tshisekedi devait poursuivre son action face à la crise sécuritaire et aux pressions exercées sur la RDC. Il a notamment déclaré que ceux qui réclament le départ du chef de l’État devraient, selon lui, considérer d’abord la question de la pression exercée sur le Rwanda. « Pour que Tshisekedi quitte le pouvoir, il faut que Kagame quitte d’abord », a-t-il lancé devant les militants de l’UDPS.

Le responsable du parti présidentiel accuse par ailleurs certains adversaires du chef de l’État de chercher à affaiblir son action dans le dossier sécuritaire. Il estime notamment que certains opposants voudraient voir Félix Tshisekedi cesser de mettre la pression sur Kigali, alors que Kinshasa continue d’accuser le Rwanda de soutenir des groupes armés actifs dans l’Est de la RDC. Ces accusations du responsable de l’UDPS interviennent alors que la question sécuritaire reste au cœur du débat politique national.

Le bras de fer entre les deux camps devrait donc se poursuivre à l’approche du 15 septembre. La C64 entend faire de cette date une nouvelle démonstration de force contre toute modification de l’ordre constitutionnel, tandis que le camp présidentiel défend la poursuite de son action et met en avant les enjeux liés à la souveraineté et à la sécurité du pays.

La manifestation annoncée intervient également dans un contexte particulier, puisque le 15 septembre correspond à l’ouverture de la session parlementaire de septembre. La C64 prévoit de converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement, alors qu’Augustin Kabuya avait déjà proposé que la plénière d’ouverture puisse se tenir dans la soirée afin d’éviter un face-à-face entre militants du pouvoir, opposants et forces de l’ordre.

À quelques jours de cette échéance, le dialogue national lancé par Félix Tshisekedi et la question de l’avenir institutionnel de la RDC restent ainsi au centre d’un affrontement politique entre le pouvoir et une partie de l’opposition. La mobilisation annoncée par la C64 pourrait constituer un nouveau test pour les deux camps, alors que chacun maintient ses positions.

LeBastion

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