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RDC : après avoir quitté la zone occupée, un professeur accuse le M23 de l’avoir nommé sans son accord et appelle la ministre de l’ESU à le rétablir dans ses droits

Le professeur Déo Bengeya Machozi, enseignant à l’Institut supérieur de commerce (ISC) de Goma, affirme avoir été nommé par l’AFC/M23 au poste de secrétaire général à la recherche au sein du comité de gestion de l’ISC Bukavu, sans avoir été consulté au préalable. Dans une lettre adressée à la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, il annonce son refus et demande que sa situation professionnelle et salariale soit reconsidérée.

Dans cette correspondance datée du 26 août 2024 et enregistrée au ministère de l’ESU le 31 août, le professeur explique avoir découvert cette nomination sur les réseaux sociaux. Il précise n’avoir été ni consulté ni sollicité avant d’être désigné à cette fonction.

Déo Bengeya Machozi indique qu’il occupait déjà le poste de secrétaire général à la recherche au sein du comité de gestion de l’ISC Bukavu, une fonction qu’il dit avoir obtenue sur décision de l’autorité ministérielle.

L’enseignant explique également avoir choisi de ne pas écrire immédiatement à la ministre alors qu’il se trouvait encore dans une zone contrôlée par l’AFC/M23. Désormais en Suisse pour des raisons liées à ses activités religieuses, il dit vouloir clarifier publiquement sa position.

« Je vous rassure que je refuse l’offre de l’AFC/M23 », écrit-il dans sa lettre adressée à la ministre.

Le professeur ne se limite toutefois pas à rejeter cette désignation. Il annonce également qu’il renonce à toute fonction au sein d’un comité de gestion d’un établissement d’enseignement supérieur. Il justifie cette décision par ses responsabilités ecclésiastiques et son activité d’expert-comptable, en tant que membre de l’Ordre national des experts-comptables de la RDC (ONEC).

Déo Bengeya Machozi demande ainsi à la ministre de reconsidérer sa situation, notamment sur le plan professionnel et salarial. Il dit préférer poursuivre son travail d’enseignant et de chercheur.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par les nominations opérées par l’AFC/M23 à la tête de plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire à Goma et Bukavu. Ces désignations ont été contestées par le gouvernement congolais, qui considère que l’administration des établissements publics d’enseignement supérieur relève des autorités légalement établies.

Le gouvernement avait par ailleurs suspendu les activités académiques dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, notamment à Goma et Bukavu, dans le cadre de sa position sur la situation créée par l’occupation de ces villes.

LeBastion

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