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Nord-Kivu : Carly Nzanzu Kasivita plaide pour la levée de l’État de siège et appelle à des solutions structurelles

L'ancien gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, estime que l’état de siège ne constitue pas une réponse durable à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon lui, les défis auxquels fait face la région nécessitent des réformes structurelles plutôt que le maintien d’un régime d’exception.

Le vice-président de la commission défense et sécurité de l’Assemblée, Carly Nzanzu Kasivita, a réaffirmé son opposition à l’état de siège, estimant que cette mesure exceptionnelle ne répond pas aux causes profondes de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour cet élu du territoire de Beni, la priorité devrait être accordée à des solutions structurelles capables d’apporter une paix durable.

Selon lui, les difficultés auxquelles est confrontée la région dépassent la seule question de la gestion militaire ou civile. Il considère que le véritable débat ne porte plus sur le maintien ou non de l’état de siège, mais sur la capacité des autorités à proposer des réponses crédibles et durables aux problèmes sécuritaires.

 « Le régime de l’état de siège restreint beaucoup de choses. Il n’y a pas que le pouvoir politique qui est mis à mal, mais il y a aussi des droits individuels qui sont mis en difficulté. Et donc les gens souhaiteraient évidemment revivre leur liberté comme ça a été dans l’État. Je suis de la majorité qui gouverne, mais je n’ai jamais soutenu le vote de l’état de siège pour plusieurs raisons. Parce que, effectivement, je l’ai dit, pour des problèmes structurels, il faut des réponses structurelles. Je suis de ceux qui pensent qu’on peut trouver une solution à la sécurité du pays autrement que dans un régime d’exception », a-t-il déclaré lors  du Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera mardi 4 aout 2026.

L’ancien gouverneur a également comparé la gestion de la province sous état de siège à celle d’une administration civile. Sans remettre en cause les autorités militaires, il estime que le principal enjeu réside dans l’efficacité de la gouvernance et la capacité des institutions à répondre aux attentes de la population.

À ses yeux, que l’administration soit militaire ou civile, les habitants attendent avant tout des résultats concrets en matière de sécurité, de protection des civils et de restauration de l’autorité de l’État.

 « Je crois qu’il n’y a pas de comparaison avec le gouverneur civil, parce qu’en fait, les gouverneurs militaires ne sont pas contrôlés par les assemblées provinciales. Ils décident en fonction de leur convenance sur le terrain. Mais quand il y a un gouverneur civil, il y a une assemblée qui contrôle. Vous ne pouvez pas décider sans l’assemblée provinciale d’abord. Et il y a aussi ce contrôle citoyen qu’aujourd’hui, la population ne fait pas. Si on doit regarder l’essentiel, s’il faut faire la comparaison, nous étions plus présents auprès de la population que, évidemment, le régime militaire », a-t-il soutenu.

Pour Carly Nzanzu Kasivita, l’état de siège apparaît davantage comme une réponse imposée par les circonstances que comme une solution durable à la crise sécuritaire qui secoue les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Il plaide ainsi pour une approche de fond, fondée sur des réformes structurelles, afin de répondre durablement aux causes de l’instabilité dans l’Est du pays.

Jackson Bagheni

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