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Ituri : l’association culturelle ENTE dénonce des dérapages graves des forces de l’ordre autour du site de Kigonze

Le climat reste tendu autour du site des déplacés de Kigonze, à la sortie sud de la ville de Bunia. Trois jours après les incidents survenus dimanche dernier, les réactions se multiplient.

La dernière en date est celle de l’association culturelle ENTE, structure regroupant les peuples Hema. Dans un communiqué de presse rendu public ce mercredi 23 septembre 2026 à Bunia, et dont une copie est parvenue à notre rédaction, ENTE dit déplorer avec la plus grande énergie la situation qui prévaut autour de ce site qui accueille plus de 30 000 âmes.

Au cœur de sa dénonciation, l’association pointe du doigt ce qu’elle qualifie de « dérapages graves des forces de l’ordre et de sécurité ». Selon elle, l’intervention des éléments de l’ordre dans et autour du site constitue une violation flagrante du caractère civil et humanitaire d’un camp de déplacés, protégé par les conventions internationales.

« Un site de déplacés est par essence un lieu neutre, civil et inviolable. On ne peut pas y mener des opérations comme dans un quartier ordinaire. C’est mettre en danger des populations déjà meurtries qui ont tout perdu », peut-on lire dans le communiqué.

Pour ENTE, ces agissements créent une psychose et exposent des milliers de femmes, d’enfants et de vieillards à de nouveaux traumatismes, alors qu’ils ont fui les atrocités des groupes armés dans les territoires de Djugu et d’Irumu.

Face à la gravité de la situation, l’association culturelle ENTE lance un appel pressant au gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Gaby Kasongo Mulumba, pour qu’il s’investisse personnellement dans ce dossier.

Elle lui demande d’ordonner une enquête pour faire la lumière sur ces dérapages et, surtout, de prendre des mesures urgentes pour garantir la protection physique et la dignité de ces populations vulnérables.

Jusqu’à la rédaction de cet article, aucune réaction officielle du côté des autorités provinciales ni des services de sécurité concernés n’a été enregistrée.

Jospin wa Jorkim

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