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Goma-Bukavu : Jean-Baptiste Kasekwa s’oppose à la suspension des activités académiques et interpelle l’Assemblée nationale

L’ancien député national Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa s’oppose à la suspension des activités académiques et para-académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu. Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale datée du 1er septembre, il demande à la représentation nationale d’intervenir auprès de la ministre de l’ESU afin de reconsidérer cette décision, qui affecte, selon lui, environ 44 000 étudiants.

Pour l’ancien élu de Goma, cette mesure intervient après l’ingérence de l’AFC/M23 dans la gestion de plusieurs établissements publics. Le mouvement avait notamment procédé, le 7 août dernier, à la désignation de nouveaux membres des comités de gestion dans des institutions de Goma et Bukavu, une démarche que Jean-Baptiste Kasekwa qualifie d’illégale.

En réaction, le ministère de l’ESU a suspendu, le 20 août, les activités académiques et para-académiques pour l’année 2026-2027 dans onze établissements publics des deux villes. Pour Kasekwa, cette décision risque également de compliquer la fin de l’année académique 2025-2026, notamment l’organisation des examens de seconde session.

L’ancien député estime par ailleurs que les solutions proposées aux étudiants, notamment leur accueil dans des établissements situés dans des zones non touchées par les conflits, restent difficiles à appliquer. Il évoque notamment les frais académiques, le coût du déplacement et du logement, ainsi que les difficultés de circulation entre Goma et d’autres villes universitaires de la province.

Dans son plaidoyer, Jean-Baptiste Kasekwa demande à la représentation nationale d’interpeller la ministre de l’ESU afin de privilégier les démarches diplomatiques. Il souhaite également que la situation des membres du personnel concernés par les nominations de l’AFC/M23 soit examinée individuellement, plutôt que de leur appliquer indistinctement les mêmes sanctions.

L’ancien député propose aussi une implication urgente des Nations unies, de l’UNESCO, de l’Union africaine, de la SADC et de l’EAC pour faire respecter la neutralité des établissements universitaires dans les zones occupées. Il appelle ces organisations à œuvrer notamment à l’annulation des nominations effectuées par l’AFC/M23.

Jean-Baptiste Kasekwa souhaite enfin que la médiation de Doha contribue à trouver une solution entre Kinshasa et l’AFC/M23 sur la gestion des établissements universitaires. Il s’appuie notamment sur les engagements relatifs au maintien de l’accès des populations civiles aux services essentiels, dont l’éducation, dans les zones affectées par le conflit.

Ce plaidoyer intervient alors que le gouvernement congolais a déjà suspendu les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics de Goma et Bukavu. Pour Kasekwa, l’enjeu est désormais de préserver à la fois l’autorité de l’État sur les institutions universitaires et la continuité de l’éducation pour une jeunesse déjà fortement affectée par la guerre.

LeBastion

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