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Est de la RDC : le député national Nzanzu Kasivita alerte sur la mutation des ADF en une organisation terroriste transnationale

L'ancien gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita

Le député national Carly Nzanzu Kasivita affirme que les rebelles des ADF ont considérablement renforcé leurs capacités opérationnelles grâce à l’appui de combattants étrangers et à de nouvelles sources de financement. Face à cette évolution, l’élu du territoire de Beni appelle à une réponse sécuritaire mieux adaptée et à une implication accrue des communautés locales.

Les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ne constituent plus un simple groupe armé d’origine ougandaise. C’est l’analyse du député national Carly Nzanzu Kasivita, vice-président de la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, qui estime que ce mouvement s’est transformé en une organisation terroriste structurée, opérant désormais dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo.

Selon l’élu du territoire de Beni, les ADF bénéficient aujourd’hui du renfort de combattants venus de plusieurs pays de la région, notamment du Mozambique, du Kenya, de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi. Cette évolution aurait permis au groupe d’élargir son rayon d’action et de renforcer ses capacités opérationnelles.

D’après Carly Nzanzu Kasivita, les ADF disposent désormais d’une organisation capable de mener simultanément plusieurs attaques à travers différentes cellules, tout en utilisant des moyens technologiques qui rendent leur traque plus complexe.

Le parlementaire affirme également que le groupe armé a diversifié ses sources de financement. Il évoque notamment l’instauration de taxes imposées aux populations vivant sous son influence, sous peine de mort en cas de refus. Il cite aussi les attaques répétées contre les exploitants artisanaux d’or ainsi que contre les producteurs de cacao dans les territoires de Mambasa, en Ituri, et de Lubero, au Nord-Kivu.

Face à cette évolution, Carly Nzanzu Kasivita plaide pour la mise en place de comités de défense locale encadrés par l’État. Selon lui, ces structures pourraient contribuer à renforcer l’alerte communautaire et la protection des populations, à condition qu’elles soient organisées et supervisées par les autorités compétentes.

Le vice-président de la commission Défense et Sécurité reconnaît toutefois les limites du contrôle exercé par le Parlement sur la conduite des opérations militaires. Il rappelle que si les députés peuvent assurer un contrôle de l’action gouvernementale, la gestion opérationnelle des offensives militaires relève des services spécialisés.

Interrogé sur le bilan des violences, Carly Nzanzu Kasivita s’est refusé à avancer des chiffres précis, estimant que les données évoluent constamment. Il reconnaît néanmoins une recrudescence des massacres de civils au cours des deux derniers mois dans les territoires de Beni et de Mambasa.

Dans l’Est de la RDC, les rebelles de l’ADF sont responsables de milliers de morts depuis 2014. Ils s’attaquent aux civils, pillent et incendient des biens de la population.

J BAGHENI

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