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Djugu : en pleine riposte contre Ebola, les soignants de Damas menacent de jeter l’éponge pour salaires impayés

Alors que la maladie à virus Ebola continue de semer la psychose dans le territoire de Djugu, la riposte risque de prendre un coup dur. Les corps soignants de la zone de santé de Damas menacent de déposer la blouse d’ici deux jours. Ils réclament trois mois d’arriérés de salaire et une ambulance. Un cri de détresse lancé lundi 7 septembre 2026.

C’est une bombe à retardement au cœur de l’épidémie. Dans la chefferie de Ndo-Okebo, précisément à Damas, les hommes et femmes en blouse blanche qui tiennent à bout de bras la lutte contre Ebola sont à bout de souffle.

Réunis lundi 7 septembre 2026, les infirmiers, laborantins et agents de terrain œuvrant dans la riposte ont rendu public un mémorandum incendiaire adressé au gouvernement central et aux partenaires de la santé. Le message est clair : régularisez nos conditions ou nous arrêtons tout.

Le ton du document lu devant la presse locale est grave. Depuis trois mois, ces héros de l’ombre disent ne plus percevoir la moindre prime de risque ni salaire lié à la riposte.

« Nous sommes au front contre un virus qui a déjà tué plus de 50 de nos frères et sœurs à Mambasa et Djugu. Nous nous exposons, nous exposons nos familles. Mais depuis juin, nous n’avons rien touché. Comment nourrir nos enfants ? Comment avoir le courage d’aller vers un cas suspect quand on sait qu’on n’est même pas considéré ? », a lâché, la voix nouée, un représentant des soignants sous couvert d’anonymat »

Au-delà de l’argent, c’est le manque criant de moyens logistiques qui scandalise. La zone de santé de Damas, l’une des plus vastes de Djugu, ne disposerait d’aucune ambulance fonctionnelle.

Les malades suspects doivent être transportés à moto, parfois sur des kilomètres de pistes défoncées, au risque de contaminer tout le village. Les cas graves meurent en route, faute d’évacuation rapide.

« Nous avons alerté plusieurs fois. On nous promet, mais rien ne vient. Nous n’avons même pas de carburant pour les motos. On nous demande de faire des miracles à mains nues. C’est impossible. Nous donnons 48 heures au gouvernement. Passé ce délai, nous allons suspendre toutes les activités de la riposte », martèle le mémorandum.

Cette menace de grève, si elle se concrétise, serait catastrophique. Damas est considérée comme une zone tampon stratégique pour empêcher la propagation du virus vers Bunia et le lac Albert.

Joint au téléphone, un responsable de la Division provinciale de la Santé en Ituri reconnaît le retard, mais appelle au calme, promettant que « des dispositions sont en cours ».

En attendant, la population de Ndo-Okebo retient son souffle. Entre Ebola qui tue et des soignants qui veulent jeter l’éponge, le pire est à craindre.

Jospin wa Jorkim

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