Le premier vice-président de l’Assemblée nationale et haut cadre de l’UDPS, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, estime que l’opposition ne cherche pas à boycotter le dialogue national en raison de son format, mais parce qu’elle n’y voit plus de possibilité d’accéder aux institutions. Il l’a déclaré ce lundi 7 septembre sur RFI, alors que le processus lancé par Félix Tshisekedi continue de diviser la classe politique congolaise.
Pour Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, le principal objectif poursuivi par l’opposition en réclamant ce dialogue était d’obtenir un partage du pouvoir et une entrée dans les institutions. Une perspective qui, selon lui, a disparu depuis que le chef de l’État a clairement indiqué que les discussions ne devaient pas remettre en cause les institutions républicaines issues des élections.
« Vous savez pourquoi l’opposition tente de boycotter le dialogue ? Parce que le porte-parole de l’opposition, M. Jean-Marc Kabund, vous l’avez écouté ; pas seulement lui, tous les leaders de l’opposition ont fait savoir que le dialogue avait pour finalité de partager le pouvoir et de leur permettre d’entrer dans les institutions. Le fait que le président Tshisekedi ait fermé cette porte en disant que le dialogue n’avait pas pour rôle de remettre en question des institutions républicaines et démocratiquement élues les a refroidis », a-t-il affirmé. « À partir du moment où l’on leur dit qu’il n’est pas question de partager le pouvoir au dialogue, il n’y a plus d’intérêt pour l’opposition », a-t-il ajouté.
Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu a également critiqué l’idée de voir des responsables politiques accéder aux fonctions gouvernementales en dehors du verdict des urnes.
« Comment voulez-vous imaginer que des personnes qui sont allées aux élections, j’en connais, qui ont concouru avec moi dans ma circonscription, qui n’ont pas atteint mille voix et qui viennent prétendre qu’ils doivent accéder aux fonctions du gouvernement, tout simplement parce qu’ils ont parlé sur une chaîne de télévision, et cela au détriment de notre peuple », a-t-il lancé.
Cette lecture de l’Union sacrée de la nation intervient alors que l’opposition, notamment la Coalition Article 64 (C64), conteste les conditions du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Après l’adresse du chef de l’État du 27 août, certains leaders de l’opposition ont annoncé leur refus de participer au processus dans les conditions proposées par le pouvoir. Cette controverse intervient parallèlement au débat sur un éventuel changement de Constitution.
LeBastion