Le député national Gratien Iracan appelle aussi bien le pouvoir que l’opposition à respecter la Constitution dans le cadre du dialogue politique annoncé en République démocratique du Congo. L’élu de Bunia, dans la province de l’Ituri, estime que ce processus ne devrait pas servir à contourner les règles constitutionnelles ni à distribuer des postes politiques en dehors du verdict des urnes.
Dans une prise de position sur le dialogue national ce lundi 31 août 2026, Gratien Iracan appelle d’abord l’opposition à rester cohérente dans son combat pour le respect de la Constitution. Selon lui, les opposants ne peuvent pas dénoncer une éventuelle modification opportuniste de la loi fondamentale tout en recherchant, à travers le dialogue, des arrangements politiques qui s’en écarteraient.
« La Constitution ne peut pas être défendue à géométrie variable », écrit-il sur son compte X, estimant que les mêmes exigences doivent s’appliquer à tous les acteurs politiques.
Le député rejette notamment l’idée selon laquelle le partage du pouvoir pourrait constituer une conséquence naturelle du dialogue. Pour lui, la répartition des responsabilités publiques est encadrée par la Constitution et ne devrait pas être décidée au terme d’arrangements entre acteurs politiques.
« Dire que le partage du pouvoir est une conséquence logique du dialogue revient, à mes yeux, à méconnaître l’ordre constitutionnel », affirme-t-il.
Pour ce député de l’opposition, le dialogue national devrait plutôt permettre de renforcer les institutions et de préparer les conditions d’un processus électoral crédible. Il identifie trois priorités : notamment empêcher tout changement opportuniste de la Constitution, respecter les échéances constitutionnelles et obtenir des garanties pour des élections transparentes et compétitives en 2028.
Il estime notamment que les discussions pourraient contribuer à renforcer la Commission électorale nationale indépendante, améliorer la transparence du processus électoral et restaurer la confiance des citoyens.
L’élu de Bunia met cependant en garde contre un dialogue qui se transformerait en négociations sur les postes au sein des institutions. « Mais s’il devient un raccourci pour distribuer la Primature, les ministères ou d’autres fonctions entre acteurs politiques, nous aurons simplement remplacé le choix du peuple par des arrangements entre politiciens », soutient-il.
Cette position place ainsi le député de l’opposition dans une posture critique à l’égard de son propre camp, tout en maintenant ses réserves vis-à-vis du pouvoir. Pour lui, aucune majorité ni aucune opposition ne devrait utiliser le dialogue pour obtenir ce que les urnes sont appelées à décider.
À ses yeux, le principe devrait rester le même pour tous : respecter la Constitution, reconnaître la souveraineté du peuple et laisser les élections départager les ambitions politiques.
Alors que le débat sur les contours du dialogue national se poursuit en RDC, Gratien Iracan plaide ainsi pour un processus centré sur les règles constitutionnelles, la crédibilité des institutions et la préparation des élections de 2028, plutôt que sur le partage anticipé du pouvoir.
LeBastion